Impact de la pandémie covid-19 sur les activités agricoles urbaines commerciales au Québec

L’année 2020 est une année de grandes perturbations et tous les secteurs économiques ont dû faire face à l’imprévisible par une capacité d’adaptation renouvelée. Le secteur de l’agroalimentaire, quoique considéré en grande partie comme un service essentiel, n’a pas fait exception. Que ce soient les pénuries de farine dans les épiceries, la nécessité grandissante de fournir les banques alimentaires pour la population dans le besoin, la volonté de soutenir l’économie locale, le désir de retourner à l’essentiel, toutes les raisons sont bonnes pour parler « autonomie alimentaire » et « approvisionnement local ».

L’agriculture urbaine, une des réponses proposées à ces enjeux majeurs, a donc fait parler d’elle durant la pandémie de COVID-19. Mais comment les productrices et les producteurs urbains ont-ils traversé l’année 2020? Ont-ils profité de l’engouement pour la production alimentaire de proximité ou, au contraire, ont-ils souffert de la fermeture des restaurants, un important marché pour les produits de niche des fermes urbaines? En sont-ils sortis gagnants ou sont-ils parmi les victimes collatérales des mesures sanitaires? Quelles stratégies ont-ils utilisées pour contourner les problèmes qu’ils ont rencontrés?

Afin de répondre à ces questions, le Carrefour de recherche, d’expertise et de transfert en agriculture urbaine du Québec (CRETAU), porté par le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB), a mené une recherche auprès des producteurs et productrices urbains du Québec.

De manière générale, cette étude permet de constater que

  • 87 % des entreprises agricoles urbaines ont observé un intérêt grandissant de leur clientèle ou de leur entourage pour l’agriculture urbaine durant la pandémie;
  • La mise en marché a été l’activité la plus fortement touchée : 73 % des entreprises ont vu la distribution de leurs produits perturbée;
  • Les modes de distribution qui ont augmenté de manière significative durant la pandémie sont la vente en ligne sur une plateforme collective (un mode utilisé par 5 % des entreprises avant la COVID-19 puis par 24 % d’entre elles pendant la pandémie) la vente par paniers en livraison ou à collecter (utilisée par 16 % des entreprises avant la pandémie et par 42 % pendant la pandémie), ainsi que la vente en ligne sur un site individuel (passant de 21 % à 37 %);
  • Tandis que 29% des entreprises agricoles urbaines québécoises n’ont enregistré aucune perte sur leurs revenus prévus pour 2020, 21 % d’entre elles ont vu leurs revenus augmenter et 50 % d’entre elles ont accumulé des pertes de revenus allant de 25 % à 100 % de leurs revenus prévus.
  • En réponse à la crise sanitaire, 11 % des entreprises agricoles urbaines ont mutualisé leur système de distribution et la même proportion a mutualisé ses outils de commercialisation. Bon nombre des répondants ont également admis qu’une mutualisation des ressources sous diverses formes serait souhaitable dans l’avenir.

Cette étude nous permet de faire 3 recommandations à tous les paliers gouvernementaux et aux institutions du secteur agroalimentaire pour le développement du secteur de l’agriculture urbaine, et assurer sa résilience face à des crises et lui permettre de poursuivre son impact social :

  • #1 : Soutenir les initiatives de mise en marché des produits de l’agriculture urbaine;
  • #2 : Favoriser la croissance des petites entreprises agricoles urbaines;
  • #3 : Rendre la mutualisation des ressources et la formation entrepreneuriale accessibles et adaptées aux fermes urbaines.

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Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB) mène d’autres recherches sur l’impact de la pandémie sur l’agriculture urbaine et l’apport des initiatives dans ce contexte de crise sanitaire et économique. L’une, portant sur les initiatives d‘agriculture urbaine sociale et collective, est menée en partenariat avec le Conseil SAM (CSAM), tandis que la seconde sur le potager comme moyen d’action dans le cadre d’une crise.

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