Vignes en ville

Vignes en ville

Vignes en ville est un projet d’étude du comportement et des avantages des vignes rustiques en milieu urbain tant en sol qu’en bac sur les toits. Ce projet est réalisé en partenariat avec la Société des alcools du Québec (SAQ) depuis avril 2018 pour une période de 4 ans. Le soutien de la SAQ permet au CRETAU, sous la supervision d'AU/LAB, d’élargir son champ de recherche et de se pencher sur le potentiel des vignes en sol.

Son équipe pourra ainsi mesurer l’efficacité du verre comme paillis qui, grâce à la réverbération des rayons lumineux, procurerait un mûrissement accéléré des plants en milieu froid. Non seulement nos projets pourront permettre des avancées sur de nouvelles pratiques possibles pour l’agriculture en milieu urbain, mais ils nous donneront également l’occasion d’animer des ateliers dans les vignobles dans le but de sensibiliser les visiteurs sur la culture en milieu urbain, sur l’utilisation du verre dans le terreau ou comme paillis et sur les avantages environnementaux de verdir la ville.

Un premier vignoble fut déployé en 2017 sur le toit du Palais des congrès de Montréal. En 2018, un second vignoble fut mis en place au siège social de la SAQ. Dans un avenir proche, le CRETAU espère que ce projet pourra coloniser les toits institutionnels de Montréal et du Québec.

Le projet est coordonné par Véronique Lemieux, fondatrice de Vignes en ville et coordonatrice du projet chez le CRETAU.

Objectif du projet

L’objectif est d’étudier le comportement et les avantages des vignes rustiques en milieu urbain tant en sol qu’en bac sur les toits. Vigne en ville prévoit de vinifier sa première cuvée en 2020, puisque la vigne a besoin d’un minimum de 4 ans pour produire des raisins ayant un potentiel organoleptique intéressant.

La plantation et l’entretien d’un vignoble est un art, un art qui intéresse et intrigue de plus en plus d’oenophiles québécois. Nous désirons apporter la vigne en ville pour démocratiser et rendre accessible la connaissance de la culture de la vigne aux citadins. Plus précisément, nous voulons faire connaître les cépages plantés au Québec pour donner envie aux québécois de boire les vins de notre belle province.

Les objectifs principaux des recherches de ce projet sont:

  1. Évaluer la croissance et la vigueur des vignes en fonction des substrats de verre ou de sable, en le mettant en parallèle avec les caractéristiques de cépages présents sur le toit et des mesures de paramètres morphologiques et environnementaux.
  2. Tester un outil permettant l’évaluation du stress hydrique de la vigne.
  3. Déterminer si une différence de développement est rencontrée entre le vignoble sur le toit et un vignoble classique en pleine terre hors de la ville.

Les adaptations des vignes à leur environnement seront discutées par l’étude de leur croissance, de leur résistance au stress hydrique, de leur taux de chlorophylle et de la quantité de symptômes rencontrés suite à des carences ou des ravageurs.

Défis et opportunités

La culture de la vigne en milieu urbain apporte son lot de défi mais également de nombreuses opportunités. La revalorisation et la réutilisation de matières non recyclées, telle que le verre en est une. Le coût de recyclage du verre étant considérable, la bouteille de vin que nous mettions dans notre bac à recyclage se retrouvait, encore récemment, enfouies avec les autres déchets domestiques. Heureusement, de nouvelles voies de valorisation du verre ont vu le jour. Le verre finement broyé a des propriétés similaires au sable naturellement présent dans le sol des vignobles. Il nous a donc semblé naturel de l’intégrer au terreau formulé pour notre premier projet de vignoble urbain en bac. En intégrant le verre des bouteilles au terreau, nous bouclons le cycle d’économie circulaire de la bouteille de vin et nous réduisons ainsi drastiquement son empreinte écologique.

La culture de la vigne en ville présente aussi une autre belle opportunité, de nombreux toits plats ne demandant qu’à être joliment aménagé avec une végétation qui réduit la présence d’îlots de chaleur en été. Par ailleurs, la chaleur dégagée par les toits en raison du chauffage en hiver pourrait être bénéfique à la vigne en hiver. En effet, peu de toits sont parfaitement isolés. Beaucoup dégagent une chaleur subtile qui pourrait contribuer à garder les pieds de vignes à des températures hivernales acceptables leur permettant de survivre aux conditions extrêmes survenant sur un toit.